23/04/2017

"Le système représentatif et l'idéal anarchiste"


Traduction de la brochure de la « Bibliothèque de l’Adunata dei refrattari », 1945, New York.
Par Max Sartin, pseudonyme de Raffaele Schiavina.

Que nous en dit L'Ephéméride anarchiste ?
« Raffaele Schiavina naît le 8 avril 1894 à San Carlo, province de Ferrara (Italie) dans une famille de paysans. En 1912, il émigre aux Etats-Unis et découvre l'anarchisme (durant l'été 1914), à la lecture des mémoires de Pierre Kropotkine. Il devient ensuite un collaborateur du journal de Luigi Galleani "Cronaca Soversiva" et, en avril 1916, en accepte le poste d'administrateur. L'année suivante, il est arrêté, pour son refus d'être soldat. Condamné à un an de prison, il est ensuite expulsé vers l'Italie le 9 juillet 1919. A Naples, il est à nouveau inquiété par les autorités militaires (pour désertion en temps de guerre). Début 1920, à Turin, il reprend le poste d'administrateur de "Cronaca Soversiva" mais, après 20 numéros, le journal est contraint de cesser sa parution à cause de la publication d'articles anti-militaristes. En août 1922, il est arrêté et emprisonné durant 15 mois, avant d'être finalement acquitté. En 1923, face à la menace fasciste en Italie, il s'installe à Paris où il publie avec Emilio Coda, "La Difesa", bulletin pour la défense de Sacco et Vanzetti. Après un court séjour à Londres, il revient à Paris où il publie le journal "Il Monito" (1925-1928). Il réside ensuite à Marseille. Expulsé de France, il retourne aux Etats-Unis. Il y collaborera puis publiera l'hebdomadaire "L'Adunata dei Refrattari" de 1928 à avril 1971. Outre ses articles dans de nombreux journaux anarchistes et sous divers pseudonymes, il est l'auteur de la brochure "Berneri en Espagne". Ses imposantes archives sur le mouvement anarchiste international ont été déposées à la Boston Public Library, ou elles côtoient celle d'Aldino Felicani sur Sacco et Vanzetti. »

Raffaele Schiavina

Autogérons la société !

> Télécharger la brochure anti-électorale  
de la Coordination des groupes anarchistes (CGA).
> Lire en ligne ou télécharger "Le système représentatif et l'idéal anarchiste"
de Max Sartin.

«1936 à travers "Le Libertaire"»

Libertaire
Préface de René Berthier
« Le Front populaire fut autre chose que des occupations d’usines et des travailleurs découvrant les vacances au bord de la mer ! Ce fut aussi une étape révolutionnaire avortée du fait des mandarins syndicaux et des apparatchiks staliniens. Un moment où la social-démocratie va reculer devant le fascisme en refusant son aide à la Révolution espagnole, un moment enfin où le syndicalisme révolutionnaire va montrer qu’il a existé, qu’il existe, et qu’il existera toujours des libertaires pour s’opposer à tous les pouvoirs.

La réédition de 1936… à travers «Le Libertaire» est d’actualité car elle montre que les analyses qui y furent développées étaient pertinentes, à l’époque, et qu’elles le demeurent aujourd’hui. A un détail près : quelles que soient les critiques qu’on a pu formuler contre le Front populaire, contre la stratégie qu’il a menée, contre son incapacité à surmonter les obstacles, on ne peut pas nier que celui-ci fut porteur d’un projet qui enthousiasma la classe ouvrière, un projet qui reste encore au cœur de la mémoire populaire... » 
Les Editions libertaires, 148 pages, 13 euros.
(réédition de l’ouvrage paru en 1986 aux éditions Cahiers du vent du ch’min).

21/04/2017

Errico Malatesta, toujours d'actualité

20/04/2017

"Voter c'est évoquer la trahison"

Elections
Elisee Reclus
abstention
Lettre d'Élisée Reclus à Jean Grave, septembre 1885.

Contre le "muselage universel"

Abstention
Abstention anarchiste
Deux affiches de "Le Père Peinard au populo", éditées à l’occasion des élections législatives de 1893. Vu sur le site Révolutionnaires angevins.

En 1898, un candidat abstentionniste...

Vu sur la page "Histoire (partielle) des groupes anarchistes d’Angers et Trélazé"
sur le site Révolutionnaires angevins.

18/04/2017

Sillons d'utopies

Utopies vivantes

Le hors-série de la revue XXI de mars 2017 est consacré aux "UTOPIES VIVANTES".

Présentation : « Là où l’utopie dessinait hier les contours d’un monde irréel pour mieux faire ressortir les failles du monde réel, les utopies contemporaines se gardent de prôner le Grand Soir. Les visionnaires d’aujourd’hui se veulent réalistes, pragmatiques, avant-gardistes. Ils ne cherchent pas à détruire, ils tentent de construire. Ils s’attachent à observer les petits points que l’on devine inscrits en filigrane dans le chapitre en train de se clore pour poser les bases du chapitre en train de s’ouvrir. C’est d’eux dont il est question dans ce hors-série. Leurs voies, leurs approches, leurs réflexions diffèrent. Aucun ne prétend avoir raison. Ils ont des convictions, ils les explorent, ils les labourent. Les utopistes de notre siècle s’interrogent, ils nous interrogent. Et cela fait du bien. »

12 récits déjà parus dans des numéros de XXI (La longue marche du prof de Harvard ; Les guetteurs du climat ; Rêves de France ; La bataille des Fralib ; interview d'Arundhati Roy ; les Robinsons d'Amérique..), photos et bande dessinée, 15,50 euros, 208 pages.

16/04/2017

Il était une foi...

À lire chez Anar56.

Une communauté libertaire 
en 1969 près de Locminé
Bretagne
« Dans l’élan des événements du printemps 1968 est créée, le 21 septembre 1969, la communauté libertaire du Gouah-Du, à la Chapelle-Neuve, près de Locminé, dans le Morbihan. Quittant une situation assurée, refusant la société capitaliste sans chercher à se couper d’elle, des jeunes décident d’unir leur aventure. L’objectif est "la mise en commun des capacités, des ressources, des énergies et des problèmes propres à chacun des êtres qui la composent, sans autre autorité que le bon sens, l’autodiscipline et l’intérêt de tous, dans le but de contribuer au changement de la société". Ces personnes faisaient partie de l'ASRAS (Alliance des syndicalistes révolutionnaires et anarcho-syndicalistes)
Nous ne connaissons pas la durée de cette expérience. Mais ces gens essayèrent la mise en commun la plus totale, matériellement et financièrement, par une entreprise autogérée, axée vers la production d’artisanat. (...) »  (LIRE LA SUITE)


Graines de liberté...



Et on n'oublie pas... Samedi 20 mai, marche mondiale contre Monsanto-Bayer.

Dossier "Partir en communauté"

Cahiers d'Histoire"Notre patrie est le monde entier"
Cahiers d'Histoire n° 133 (2016)
Revue d'histoire critique

Articles disponibles gratuitement en ligne.

INTRODUCTION
Par Frank Noulin et Jean-François Wagniart 

« Partir » : Tel était le thème des Rendez-vous de l’Histoire de 2016. Thème stimulant, qui nous a incités à réfléchir sur la question du départ, en lien avec celle du changement social: faut-il partir pour « changer le monde », pour édifier une société meilleure, d’où seraient bannies inégalités et injustice ? Cela nous a amenés à traiter de ruptures radicales, dans lesquelles l’espoir d’un monde meilleur passe par l’éloignement du milieu d’origine au profit d’un « ailleurs » où le projet d’une autre façon de « faire société » peut être actualisé sans que ce déplacement soit forcément lointain, pourvu qu’on adopte un nouveau mode de vie.

D’autre part, en une époque qui tend de plus en plus à déconsidérer l’engagement pour une cause (sauf quand il s’agit de vocations humanitaires), au mieux vu comme le produit d’un idéalisme volontiers dénigré comme « archaïque », au pire confondu avec les différentes formes de fanatisme, nous ne voulions traiter que d’expériences « positives », quelles que fussent leurs erreurs et échecs, en ce sens qu’elles procédaient d’un idéal s’interdisant toute violence ou coercition pour donner naissance à un monde meilleur. Cela nous a donc conduits à écarter les démarches combattantes, voire guerrières, même si elles étaient menées au nom du progrès et de la démocratie.

C’est pourquoi nous avons décidé de travailler sur le départ pour « créer communauté », afin de vivre pleinement ses idées, et ce, sans dogmatisme ni fanatisme. Peu importait la distance parcourue, puisque comptait surtout le cheminement d’hommes et de femmes rompant avec leurs milieux d’origine, jugés trop étroits et fermés. Leur aspiration profonde était de faire vivre leurs idéaux « ici et maintenant », sans attendre une transformation globale des structures de la société et des institutions, en laquelle ils ne croyaient souvent plus, avec l’espoir cependant que leurs démarches puissent servir d’exemple et se multiplier.

Souvent inspirés de pensées utopistes, égalitaires ou libertaires, ou pour les plus religieux d’un retour à un christianisme primitif et communautaire, ces militants n’ont pas toujours été bien compris de leur entourage ou de leurs camarades. S’agissait-il d’une fuite ? Ne cherchaient-il pas leur satisfaction immédiate au détriment d’un engagement révolutionnaire plus rigoureux et souvent dangereux ? Ne voulaient-ils pas rompre avec leurs organisations, qu’elles soient religieuses ou politiques ? C’est souvent le sentiment qu’en ont eu de nombreux penseurs du mouvement ouvrier, comme Kropotkine ou Malatesta, et que l’on retrouve dans la presse révolutionnaire de la fin du XIXe siècle.

Mais, au-delà de la démarche et des polémiques qu’elle suscitait, il fallait aussi s’intéresser aux modalités de ces installations dans un nouveau milieu, souvent indifférent, voire hostile. Tout d’abord, ces idéalistes devaient affronter des conditions matérielles d’organisation et de survie très difficiles, source de découragement collectif et d’abandon de la communauté pour les moins convaincus. Le plus délicat était de renoncer aux attitudes du « vieil homme » en soi : l’autoritarisme, l’égoïsme, l’attachement à la propriété, au mariage et à la famille… Vivre avec frugalité était souvent aussi une règle difficilement acceptée. Par la suite, les communautés se trouvaient souvent face à un choix douloureux, voire cornélien : faut-il faire des compromis pour s’adapter au nouveau milieu ou rester sur une position rigoriste afin de ne pas remettre en cause les principes à l’origine du départ ?

Enfin, il s’agissait de faire un bilan, d’interroger ces expériences souvent temporaires, limitées, et leurs échecs supposés. Était-ce vraiment une fatalité, comme beaucoup le prévoyaient ? Pouvait-on parler d’échec quand beaucoup de ceux qui partaient ne voyaient dans cette expérience communautaire qu’un moment de leur parcours, leur permettant d’enrichir leurs vies et de se découvrir eux-mêmes, un rite de passage en quelque sorte, comme le décrit si bien Mühsam à propos de Monte Verità ? D’où cette question lancinante au cœur du dossier : en chacun de ces départs, n’y avait-il qu’une recherche personnelle ou, au contraire, une volonté de changer le soi pour changer le monde ?

Ce dossier, dans ses limites, interroge une série d’expériences qui vont de la deuxième moitié du XIXe siècle à nos jours. Certes, comme le rappelle Michel Antony, elles ont des bases plus anciennes, mais on entre avec le XIXe siècle dans une période non seulement riche en projets utopistes, mais aussi en tentatives pour les réaliser.

Face à l’ampleur du sujet, nous nous sommes concentrés sur les deux périodes qui se sont montrées les plus propices aux départs et aux expériences communautaires. Tout d’abord, la fin du XIXe et le début du XXe siècles, jusqu’au cataclysme de la Première Guerre mondiale, qui met fin à diverses expériences et accouche du projet collectif communiste, lequel juge sévèrement tous ces projets humanistes, teintés d’anarchisme et trop limités à de petites communautés. Cette période correspond dans beaucoup de pays à l’apogée du courant libertaire, en partie acquis à ces expériences. Michel Antony et Anne Steiner nous dressent un bon portrait de ces expériences en Amérique latine et en France, qu’elles soient le fait de socialistes utopistes, d’anarcho-communistes ou le plus souvent d’anarchistes individualistes qui avaient renoncé depuis longtemps à attendre le «grand soir» et n’accordaient plus à la classe ouvrière un rôle messianique.

Par la suite il faut attendre les années de l’après Seconde Guerre mondiale pour que de nouvelles tentatives puissent vraiment éclore. D’abord au sein de l’institution religieuse, comme le montre Tangi Cavalin, quand des « prêtres ouvriers » partent en prolétariat, n’hésitant pas pour certains d’entre eux à faire passer leur engagement social au-dessus de leur attachement à l’Église catholique jusqu’à quitter définitivement celle-ci après la condamnation de leur démarche par le Vatican en 1954.

Dans le même esprit, certains chrétiens tentent dans les années 1960 des expériences communautaires, comme celle de Boquen présentée par Béatrice Lebel-Goasgoz, «communielles» et « fraternelles », œcuméniques et ouvertes aux tendances les plus progressistes de la société. Là encore, la condamnation ne se fait pas attendre, avivant les contradictions entre ceux qui croient encore possible d’infléchir l’Église de l’intérieur et ceux qui mettent en avant la transformation révolutionnaire de la société, clivage que la «communion de Boquen» ne parvient pas à résoudre, ce qui entraîne sa quasi-disparition.

À la même époque, des expériences communautaires à différentes échelles ont lieu aux États-Unis, en Allemagne, en France. Elles prennent souvent racine dans des traditions utopiques anciennes, mais aussi dans un puissant mouvement contestataire qui s’oppose à la fois à une société capitaliste, consumériste et impérialiste, et aux structures traditionnelles des partis progressistes, considérées comme trop rigides. Frank Noulin nous présente ce fort movement étatsunien très composite, en lequel se conjuguent diverses révoltes, politiques comme culturelles, qui donne naissance aux Diggers de San Francisco. Radicale et éphémère, leur aventure, retracée dans l’entretien avec la réalisatrice Alice Gaillard, voit converger toutes les contestations économiques, politiques, raciales et sociales. Cette révolte américaine a beaucoup influencé les jeunes Allemands qui se lancent durablement à partir de la fin des années 1960 dans les expériences du « partir » communautaire. Loin de s’éteindre, ce mouvement, comme le montre Annette Wendt, reste encore très attractif et novateur dans toutes les parties de l’Allemagne réunifiée.

Avec les néoruraux, en particulier ceux de l’Ardèche étudiés par Catherine Rouvière, la synthèse de tous ces départs semble se faire. S’ils partent pour des raisons diverses, de la recherche personnelle de bien-être au désir révolutionnaire de changer la société par en bas, ceux qui sont restés dans leur nouveau milieu ont vraiment réussi à s’intégrer, à modifier les modes de vie de façon pragmatique, notamment en développant une agriculture plus respectueuse de la nature et des hommes. Ils ont su donner une portée politique à leur installation durable.

Notre choix n’est évidemment pas innocent, le retour sur ces démarches communautaires nous paraît plus que jamais d’actualité et impose une réflexion historique et critique. Il ne s’agit pas d’idéaliser ce mouvement mais de retrouver sa force et son utopie, plus que jamais nécessaires. Certaines critiques étaient et restent parfois justifiées : oui, le «partir» peut n’être qu’un retrait du monde par misanthropie ou rejet des autres. Certaines communautés finissent même par renoncer à leur engagement initial pour se vouer à la recherche du bien-être individuel, ce qui passe souvent par des modes de vie végétariens ou végétaliens ou encore spirituels, sans parler de toutes les dérives sectaires3…

Mais face à un capitalisme prédateur toujours plus triomphant depuis les années 1980, ces démarches, ces expériences et contestations locales et collectives, qui prônent un monde plus égalitaire, solidaire et respectueux de l’environnement, répondent aussi à la difficulté des organisations politiques progressistes à proposer un projet collectif renouvelé, aussi bien en Europe qu’en Amérique. Surtout, pour atteindre une société véritablement égalitaire et garantissant la liberté individuelle, ces expériences basées sur la démocratie directe mettent à nouveau en œuvre une idée émancipatrice, très libertaire, qui préconise de se changer d’abord soi-même avant de prétendre changer le monde, de ne rien attendre d’«en haut» et de commencer par la base pour rendre possible le changement social. Dans ces lieux qui émergent, il s’agit plus que jamais d’associer les formes de travail classiques à des activités physiques et intellectuelles et surtout d’échanger. D’où le rejet par beaucoup de l’argent, de la télévision, des téléphones portables et de l’Internet, considérés comme des vecteurs d’isolement et d’abrutissement individuel et collectif.

De fait, toutes ces expériences d’hier et d’aujourd’hui ne se résignent pas
à ce que la barbarie économique persiste, à ce que les pulsions nationalistes et d’exclusion conquièrent les esprits. Ainsi, l’accès à l’éducation émancipatrice, à l’école autogérée, délivrée des préjugés, le savoir et la culture partagés, le refus de parvenir4 et de participer à un jeu social aliénant, occupent une place fondamentale dans toutes ces tentatives, comme cela l’était dans les milieux libres décrits par Anne Steiner. Pour eux, seul le respect de ces principes d’éthique sociale peut faire revenir dans toute la société l’appétence pour le changement politique, afin que se propagent de nouveau les idéaux de solidarité, de partage des ressources et des richesses, loin de toute forme d’exploitation.

C’est à tous ces militants associatifs, environnementaux, autogestionnaires, en communautés, en coopératives, en jardins et habitats collectifs, en wagenburg, qui essaient courageusement de donner à la fois sens à leur vie et vie à leur besoin de partager et d’échanger, en partant ou simplement en rompant avec leurs milieux et leurs habitudes, que nous dédions ce dossier.

> LIRE LES ARTICLES EN LIGNE.
Aiglemont

15/04/2017

ZAD de Notre-Dame-des-Landes : habiter la lutte

Vient de paraître



"Les communautés libertaires agricoles 
et artistiques en pays catalan (1970-2000)"
de Jean-Pierre Bonnel et Paul Gérard


Bonnel Gérard
« Dans le sillage de Mai 68, les années 1970 sont une formidable explosion de jeunesse, de désir, de libération. Le vieux monde craque de partout. C’est le temps rêvé des ruptures, des révoltes, des expériences. Dans ces années-là, ils avaient 20 ans, ils voulaient échapper à la routine "métro, boulot, dodo", réagir contre le mode de production capitaliste et la société de consommation, s’associer avec d’autres pour vivre autrement et porter ensemble un projet commun libérateur. Ce fut le temps des communautés, rurales, urbaines, agricoles, artistiques et autres collectifs, d’esprit libertaire pour la plupart.

Dans ces années-là, en pays catalan, les 40 personnes qui racontent, dans ce livre, leur expérience communautaire, ont fait ce choix. Ils ont loué des mas et des terres dans des espaces en voie de désertification. Ils y ont vécu, travaillé et mis en pratique leurs idéaux. Les Carboneras, le mas Julia, Vilalte, Montauriol, Saint-Jean de l’Albère, Malabrac, Fontcouverte, Cailla, Opoul, le mas Planères, Canaveilles, Fillols... Autant de noms qui claquent comme des symboles de liberté, de sens et d’humanité.

Ils témoignent, quarante ans après, des gestes simples, de la solidarité, des échanges, des rires et des drames, des rêves et de l’amour qui ont forgé leurs existences. Avec cette expérience, ils ont participé à l’évolution des mentalités, ils ont fait bouger les lignes et provoqué en quelque sorte les grands débats sociétaux de la fin du XXe et début XXIe siècles.

Ils sont les 40 auteurs de ce livre, un livre collectif, dont Jean-Pierre Bonnel a été le moteur, le scribe et le passeur et Paul Gérard le coordinateur attentif. Le temps d’une préface, Ronald Creagh a bien voulu joindre sa réflexion à la leur. »
Editions Trabucaire, 180 pages, 15 euros.

Débat à Lyon le 29 avril

Montceau-les-Mines

La psychologie au secours du capital


Vient de paraître

"LIBERTALIA"
Tome 1 - Le Triomphe ou la Mort
 
Scénario : Fabienne Pigière, Rudi Miel - Dessin : Paolo Grella

« Madagascar, début du XVIIIe siècle. Des pirates fondent une cité utopiste: Libertalia. À la tête de cette aventure, Misson, un noble porté par de grandes idées révolutionnaires, et Carracioli, un moine défroqué, outré par le luxe extravagant de l’Église. Ils se sont rencontrés lors de la cavale de Misson, accusé d’avoir tenté de tuer un comte enrichi par le négoce d’esclaves. Leur route les a menés sur de grands voiliers et le destin a fait le reste. Leurs idéaux et leur combat ont engendré une utopie dangereuse pour les grandes puissances, qui vont tout faire pour mettre un terme à cette entreprise, fut-elle au bout du monde. À Libertalia, dans la cité de toutes les utopies, ténèbres et lumières s'affrontent dans une lutte à mort, sans vainqueurs ni perdants. »
Casterman, 48 pages, 13,95 euros.

En savoir plus sur la république pirate de Libertalia.
> Libertalia, une utopie pirate de Daniel Defoe (éditions Libertalia).
> La légende de Libertalia décryptée.

11/04/2017

"Ni dieu ni maître, une histoire de l'anarchisme"


Du manifeste fondateur de Proudhon (1840) à la chute de Barcelone (1939), cette fresque documentaire fait revivre la richesse foisonnante d'un mouvement multiforme, montrant combien l'anarchisme continue d'irriguer tout le champ des luttes sociales et politiques.


> Garder un souvenir en achetant le DVD du documentaire.

L'anarchisme sur Arte

08/04/2017

Camps autogérés : on fait comment ?

05/04/2017

Vient de paraître

saul alinsky
"Radicaux, réveillez-vous !"
de Saul Alinsky

« Saul Alinsky est à l’origine de deux notions qui occupent une place grandissante dans la recherche sociologique et dans les nouvelles formes de travail social et de militantisme associatif : l’empowerment et le community organizing.

Le passager clandestin publie en français son premier livre, qui n’avait jamais été traduit. Cet ouvrage s’appuie sur l’expérience d’Alinsky dans Back of the Yards, l’un des quartiers les plus pauvres de Chicago. Le jeune Alinsky s’y est attaché à organiser les habitants dans une dynamique de contre-pouvoir en mettant en lumière le rôle nécessaire de l’organizer, agent de développement social doublé, ici, d’un agitateur politique.

Alinsky s’adresse aux "radicaux" du pays, c’est-à-dire à ceux qui, mus par une forte exigence de justice sociale, sont déterminés à s’attaquer à la racine des problèmes. Il définit les modalités stratégiques, tactiques et "psychologiques" du travail d’organisation des communautés populaires. L’idée est de faire émerger dans les communautés reléguées un nouveau pouvoir, une force organisée selon la logique du conflit, en vue d’instaurer un rapport de forces propice à la négociation avec les autres instances de pouvoir impliquées dans la situation. »
Le passager clandestin, 300 pages, 15 euros. Paru en février.

26/03/2017

Vient de sortir

"1789", 
le DVD du spectacle du Théâtre du Soleil
Film d'Ariane Mnouchkine (1974)
Ariane Mnouchkine
« La révolution doit s’arrêter 
à la perfection du bonheur ».
Saint-Just.

« Au lendemain de la fusillade du Champs de Mars du 17 juillet 1791 où la Garde nationale, commandée par La Fayette, a tiré sur le peuple, venu réclamer la déchéance du roi, des bateleurs entreprennent de jouer les principaux événements des deux années qui viennent de s’écouler : de la réunion des Etats généraux à la proclamation de la loi martiale, en passant par la prise de la Bastille, la Gran’Peur, la Nuit du 4 août. Ils tentent de montrer comment a été déçu l’immense espoir du peuple, et trompé son énorme enthousiasme et comment l’aristocratie des nobles a fait place à l’aristocratie des riches. Pour ce faire, les bateleurs, et derrière eux, la troupe du Théâtre du Soleil qui leur a donné corps, utilisent toutes les ressources de toutes les formes théâtrales, de la pantomime à la tragédie, des marionnettes à l’opéra-bouffe. Ils représentent ainsi les personnages importants ou humbles de 1789. Ils les jouent à travers la vision populaire, comme le peuple a pu les imaginer, les sentir en vivant et en souffrant à travers cette Révolution. »

Bel Air Classiques. Collection Théâtre du Soleil. 
Inclus 2 DVD et un livret (30 pages). Film remastérisé en HD et restauré. 146 minutes.
Spectacle + Bonus "1789, 40 ans après". Entretien avec Ariane Mnouchkine 
et certains comédiens.
De 22 à 27 euros selon les sites d'achat internet.



> Le dossier "1789" du Théâtre du Soleil.
> L'article de "La Terrasse".
EXTRAIT : « Dans le bonus réalisé par Stefano Missio, Ariane Mnouchkine dit son désir inchangé de contestation sociale. "Les jeunes qui nous regardent doivent savoir qu’une révolution est encore possible. C’est simplement plus difficile", affirme celle qui créait 1789 dans le sillage de mai 68. L’esprit de 1789 n’a jamais cessé de régner au Théâtre du Soleil. Le théâtre y sert toujours une haute idée de la République et du citoyen. Pour preuve, la belle scène finale du documentaire qui sert de bonus à l’édition DVD et Blu-ray : la sortie de la troupe d’Ariane Mnouchkine à l’occasion d’une manifestation pour les retraites en 2010 (...). » (La Terrasse)

25/03/2017

Retour sur William Godwin

En ces temps où certains sont prêts à tout pour pouvoir saisir les rênes du pouvoir, on peut relire un ouvrage publié il y a une vingtaine d'années par l'Atelier de création libertaire. Aujourd'hui épuisé, le texte est téléchargeable gratuitement sur son site.

"William Godwin 
et l’euthanasie du gouvernement", d'Alain Thévenet

« En 1793, William Godwin (1756-1836) fait paraître à Londres l’Enquête sur la justice politique et son influence sur la vertu et le bonheur universels. Dans cet ouvrage, considéré comme le premier exposé de la philosophie anarchiste, l’auteur dénonce l’influence nocive de tout gouvernement qui s’oppose au progrès spontané de la raison humaine vers une justice plus grande et ne peut que pérenniser et accroître les maux qu’il prétend combattre ; parallèlement, il préconise un système politique basé sur la libre association et le fédéralisme et condamne les inégalités entre les propriétés. Malgré son succès immédiat, le livre, et ceux de Godwin qui suivront sont en but aux attaques des réactionnaires aussi bien que des jacobins, et l’auteur tombe dans la misère et dans l’oubli. Parce que cette pensée nous paraît, par de nombreux aspects, toujours intéressante, nous avons voulu réparer cet oubli. »
Choix de textes de William Godwin traduits et présentés par Alain Thévenet.

> Pour le télécharger (pdf).
> La page Wikipedia sur William Godwin.
> En savoir plus sur William Godwin sur le site "Anarchy Archives" (en anglais)
(malgré plusieurs liens désactivés et non actualisés).