15/02/2011

La r.O.n.c.e, une utopie en Morbihan ?

Après avoir parcouru l'Europe en quête d'utopies et publié Les Sentiers de l'Utopie (éd. Zones), Isabelle Fremeaux et John Jordan posent leurs bagages pour construire, avec d'autres, leur utopie. En Bretagne. Petit texte de présentation de La r.O.n.c.e.

« Le futur n’est plus ce qu’il était. Notre imagination s’est atrophiée dans l’atmosphère asphyxiante des prédictions apocalyptiques. Il semble bien plus aisé d’imaginer un monde mourant qu’un monde meilleur. C’est pour cela que nous voulons créer La r.O.n.c.e (Résister, Organiser, Nourrir, Créer, Exister), un espace de recherche et de création où sera nourrie notre capacité à imaginer et explorer de nouvelles façons de vivre postcapitalistes, et où des outils d’autonomie et de résilience pourront être construits et partagés.

Imaginez un paysage où chaque plante, arbre, arbuste et buisson est comestible.
Au cœur de ce jardin-forêt, une grande maison est à la fois lieu de vie, laboratoire et centre
de formation autogéré pour explorer les liens entre l’art, la politique et l’écologie.
Artistes, activistes, scientifiques, écologistes, jeunes et moins jeunes s’y retrouvent pour collaborer dans le cadre d’ateliers, de formations ou de résidences. Juste à côté, conseils, établis et outils en tous genres sont à disposition dans un garage-atelier où l’on peut
fabriquer, réparer ou inventer à l’envi: de la voiture au vélo en passant par la machine
de ses rêves ou l’éolienne. Fondés sur les principes de l’éducation populaire, ces projets
se placent en complémentarité des activités nourricières d’une cantine mobile et de
la culture de légumes bio.

La r.O.n.c.e est l’initiative d’une poignée de gens impliqués dans les mouvements altermondialistes et les camps climat en France et en Grande-Bretagne. Nous sommes artistes, paysan.e.s, enseignant.e.s, mécanicien.ne.s, cuisinier.e.s et militant.e.s. L’an passé, ceux d’entre nous qui vivent dans le Morbihan ont découvert 7 hectares de terre laissée à l’abandon, une longère un peu décrépie, un gigantesque hangar et des tonnes de ronces. Notre objectif est de transformer le site en une expérience d’écologie et d’autogestion, géré par des processus de prise de décisions au consensus et utilisant des outils de conception issus de la permaculture; un lieu où la résistance créative et les alternatives s’entremêleront comme les tiges d’un buisson de r.O.n.c.e…

Malheureusement nous ne vivons pas encore en une ère postcapitaliste et nous avons besoin de votre aide : il nous reste de l’argent à rassembler pour pouvoir acheter les terres collectivement et lancer le projet. Alors, si l’idée de financer un autre avenir vous intéresse ou si vous avez envie de nous donner un coup de main, contactez nous.
E-mail : laronce@riseup.net »

"Alors que tant de gens préfèrent ignorer la réalité du changement climatique par peur et par désespoir, la r.O.n.c.e nous offre une nouvelle possibilité d’ouvrir les yeux. Ce projet sera la preuve que changer nos vies pour répondre à cette crise mondiale n’a pas besoin d’être
une punition, mais peut devenir une expérience exaltante de transformation et de libération. Dans les années à venir, de plus en plus d’entre nous devront effectuer ce bond en avant. En attendant d’en avoir le courage, ces pionniers méritent notre soutien.”
Naomi Klein. Auteur.

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> To keep it all on the Web or on Twitter.
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8 commentaires:

Anonyme a dit…

Eh oui ! Encore un projet de plus !!! Dans un pays comme la France qui n'est vraiment pas ouvert aux projets alternatifs.

Comme je leur ai dit lors d'une de leur présentation de film, pourquoi ne pas s'associer à d'autres lieux qui "marchent" ou du moins existent et survivent. Mais, non, ils veulent avoir leur lieu à eux... et donc participer à la multiplication des projets au détriment d'une unification. Individualisme encore !

Mais que chacun vive ses expériences !

Astrid

kuriakin a dit…

Et, en plus, j'ai effectivement en stock au moins deux autres alterprojets français dont je parlerai ici bientôt. La plupart, bien sûr, en quête de financement.

Ceci dit, le but est-il de créer une mégalopole alternative où des centaines/milliers de personnes construiraient dans un même lieu une nouvelle vie ? Le but est-il de monter quelque chose rapidement et d'être aussi "efficace" qu'une entreprise performante et concurrentielle de l'économie de marché ?
Outre que, concrètement, cela serait difficile faute de terrain, en France par exemple, serait-ce vraiment souhaitable ? Faut-il mieux laisser pousser plusieurs graines à leur rythme, quitte à en perdre quelques-unes, ou en prendre que deux et les bourrer d'engrais et de pesticides pour qu'ils soient forts et résistants. Mais pour combien de temps ? Les plantes auront de belles feuilles à croissance rapide, mais avec une racine rabougrie cela ne durera pas.
Mieux vaut une base réduite mais qui s'entend bien et qui prend le temps de se connaître.

D'autre part, même si les différents projets ont plusieurs points communs, chacun a une spécificité qu'il veut davantage développer. Ici, le côté culturel et artistique semble vouloir être privilégié. Ailleurs, c'est plutôt la production strictement agricole (permaculture ou simplement bio ou même traditionnelle raisonnée), le développement personnel, l'éducation des enfants, ou avec simplement un but d'économie d'échelle par regroupement d'individus. Si toutes ces communautés viennent s'abreuver et emprunter à un peu tous ces domaines, en tant que philosophie générale de vie, il y a souvent des points plus particulier à chacune. Cela peut tenir aussi simplement au lieu où elles ont pu s'implanter (montagne, terre riche ou pauvre, isolé ou pas, etc.).

Que les gens aient des centres d'intérêt différents (par leur vécu, leur caractère, leur formation, leurs expériences, leurs rencontres...), ce n'est pas choquant, d'autant que chaque centre d'intérêt aimante une communauté motivée pour son développement. Chacune des communautés pouvant ensuite échanger avec l'autre et lui apporter son expertise ou son manque d'expertise.

Et s'implanter "seul" ne veut pas dire "hors". On voit bien que, par exemple, un couple (la cellule la plus petite et "individualiste") qui décide de construire une maison en paille va 1/apprendre chez les autres les techniques, souvent en participant à la construction des maisons de leur "tuteur". 2/ d'autres viennent ensuite les aider, en apprenant eux-mêmes la technique pour leur propre besoin individuel/aliste à venir. AInsi, à partir des individus qui semblaient vouloir être tranquilles dans leur coin, une collectivité et des échanges riches se créent.
D'autant plus, qu'à l'heure des moyens de communication modernes, la distance ou l'isolement géographique ne constituent plus un frein à une certaine forme de collectif. On peut bien sûr aussi débattre du bien-fondé de ce "progrès" et de son intérêt, mais cela est une autre histoire...

Bref, que mille petites fleurs s'épanouissent pour inonder le champ stérile du marché et féconder l'avenir et les générations qui suivront.

Anonyme a dit…

Qu'il y ait des communautés florissantes et dynamiques un peu partout serait positif et enthousiasmant, et là je vous rejoins totalement. Mais le point est plutôt qu'en France, soit elles sont invivables, soit qu'il n'y a personne ou presque et c'est là que je trouve dommage qu'il n'y ait pas plus d'unification. Il y a quand même un certain nombre d'écolieux en France qui sont presque à l'abandon faute de bras, d'argent et de motivation. C'est à ce niveau qu'il me semblait utile et intéressant de s'unir.

Mais je crois que la vraie question dans tout cela est la suivante : est-ce que la communauté est un but en soi puisque l'histoire et les nombre impressionnant d'expériences montrent que ça ne marche pas ou pas bien et que les difficultés sont grandes.
Je connais bien les communautés en France, en Europe, aux Etats-Unis et en Australie, et il paraît notoire partout que le temps des communautés n'est plus ! C'est le temps des colocations... On partage un même lieu mais chacun chez soi.... Individualisme là encore mais disons plus collectif.

Personnellement, ayant vécu toutes ces expériences, je suis aujourd'hui convaincue que l'utopie ne se réalise que dans l'éphémère ce que montrent très bien divers festivals et rassemblements dans le monde où l'Unité est vraiment présente et vivante et l'harmonie aussi.

Mais une fois de plus, à chacun de faire ses propres expérences !

Cordialement,
Astrid

kuriakin a dit…

Un "but en soi" en tant que voie ET aboutissement
est forcément une erreur, c'est comme se donner comme but "le Bonheur" et croire qu'on y parviendra. C'est même parfois dangereux. Et la chute fait d'autant plus mal.

Plus que les colocations proprement dites, le temps serait plutôt (et encore, cela reste une extrême minorité de la population) au cohabitat ou aux habitats partagés. Des lieux privés, qu'on pourrait presque qualifier d'"intimes", associés à des lieux collectifs où les habitants se retrouvent et échangent. Une façon peut-être aussi d'échapper aux conflits interpersonnels que pouvait engendrer la "promiscuité" d'autrefois.

Bah, toute expérience est bonne à vivre et apporte ses richesses..., même si elle se termine en eau de boudin. On est peut-être devenu moins idéaliste, mais ce que je trouve intéressant ce sont les leçons que certains ont tiré des expériences précédentes. On se lance peut-être maintenant avec davantage de réflexion qu'on ne le faisait autrefois, pas à pas, en tâtonnant car la lumière de l'utopie n'éclaire plus la route.

Ephémère ou pas : il y a des arguments qui tiennent la route pour l'une ou l'autre voie, pour l'un et l'autre désir.

Vive l'éphémère qui dure... un peu.

Mathieu Lamour a dit…

Bonjour,

Serait il possible de republier cet article sur http://voyageurs.en-transition.fr en indiquant la source ?

Cordialement,

Mathieu L.

kuriakin a dit…

Mathieu,
Tu fais comme tu en as envie.

A savoir : ce texte a été écrit par les auteurs du livre-film "Les Sentiers de l'utopie", John Jordan et Isabelle Fremeaux, qui se sont lancés maintenant dans le projet de la R.o.n.c.e.

A première vue, ce texte, déjà ancien, n'est plus présent sur leur site : http://lessentiersdelutopie.wordpress.com/future-project
Mais, faute de mieux, tu peux sourcer via UtopLib.

Cependant, une info récente (mars 2013) sur ce projet est présente ici : http://lessentiersdelutopie.wordpress.com/2013/03/27/la-r-o-n-c-e-accueille-des-personnes-motivees/

Merci
Bonne route
K.

kuriakin a dit…

Je précise bien que je parle ci-dessus du texte du post pas du texte des commentaires, bien sûr.

simon Bolivar a dit…

Faudra t-il que le pays soit totalement au fond du gouffre pour comprendre et réagir!
en Bretagne ou je vis ,ce pays à l'ouest de la france est plutot plus ouvert aux alternatives que la france,mais la patience à des limites et le capital n'est pas patient dans son profit dont acte !
il faut passer à la vitesse supérieure